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L'École Mohammedia des ingénieurs :Un future pas comme les autres

Quelle formation pour l'ingénieur de demain
Après un demi-siècle d'existence, l'EMI se repense
Dans le grand amphithéâtre de ce qui fut la prestigieuse Ecole des ingénieurs de Mohammedia, il règne ce 27 Juin une ambiance de fête, de retrouvailles empreinte cependant, de responsabilité voire d'appréhension quant à l'avenir d'une école qui fut longtemps, un pôle d'excellence. Les premières années furent difficiles mais passionnantes, l'EMI avait vu le jour grâce à la coopération avec l'UNESCO et avec l'école des ponts et chaussées de France et surtout grâce à l'opiniâtreté de feu S.M. le Roi Hassan II pour qui le vrai capital était le capital immatériel celui des ressources humaines avec une prédilection pour les Ingénieurs, ces hauts profils indispensables à la construction du développement du Maroc qui avec leur formation scientifique interdisciplinaire sont capables de résoudre les problèmes, d'innover et d'optimiser les ressources.
L'EMI qui avait contribué à la marocanisation des cadres devint un centre d'excellence : 6000 lauréats émistes constituent aujourd'hui l'épine dorsale de l'administration marocaine, des offices publics et des entreprises. Mais le développement du Maroc exige beaucoup plus d'ingénieurs. Chaque année, la Chine forme 300 000 ingénieurs, l'Inde prés de 450 000 rivalisant en qualité avec les meilleurs établissements européens et américains .Le Maroc reste sous encadré par rapport à des pays similaires, comme la Jordanie, la Tunisie alors même qu'il s'est transformé comme le souligne Meziane Belfhiq en un grand chantier : projets d'infrastructures et de grands équipements comme Tanger-Med, réseau autoroutier, infrastructures énergétiques et hydrauliques, télécommunications. L'initiative de formation des 10 000 ingénieurs suffirait à peine à répondre à la demande très forte en nombre et en qualité.

La présentation du rapport d'évaluation de la contribution nationale de l'EMI a montré quant à elle les points de force atouts notamment en terme de légitimité historique mais aussi les faiblesses et les zones de fragilité : départ de nombreux enseignants, doublement de la capacité des effectifs sans nouveaux moyens, banalisation de l'Ecole depuis son rattachement à l'université, des contenus mal connus, une qualité de vie dégradée pour les élèves ingénieurs qui vivent repliés sur eux-mêmes. Au-delà de cet état des lieux et du diagnostic, les participants de la table ronde, M. Ghellab, ministre de l'Equipement, et M. Boutayeb, directeur des Collectivités locales ont présenté des pistes de réflexion pour un dépoussiérage des cursus qui doit être accompagné du renouvellement des filières scientifiques et du portefeuille des compétences et surtout des capacités de communication, de culture générale, d'initiative, de pilotage de projets qui permettraient à l'émiste de travailler dans un environnement multiculturel.

Tous les acteurs du changement, représentants du gouvernement, ministères, ou associations de l'IEM, désormais présidé par Rabie Khlie, DG de l'ONCF, et Anas Alami, DG de CDG tous deux anciens émistes se sont engagés à s'y atteler pour redonner un nouveau souffle à l'EMI. Par Lematin

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