Un général français attribue le massacre de Tibéhirine à l'armée.
Par actudumaroc, vendredi 10 juillet 2009 à 20:06 :: presse :: permalien #753
Attaché militaire de l'ambassade de France à Alger à l'époque des faits, le général François Buchwalter, aujourd'hui à la retraite, avait recueilli les confidences d'un ancien militaire algérien, dont le frère avait participé à l'attaque, a-t-on précisé de même source, confirmant une information parue dans plusieurs médias français. AFP
"Les hélicoptères de l'armée algérienne ont survolé le bivouac d'un groupe armé et ont tiré, s'apercevant ensuite qu'ils avaient non seulement touché des membres du groupe armé mais des moines", a expliqué cette source, rapportant les propos du général Buchwalter entendu le 25 juin par le juge antiterroriste Marc Trevidic.
Le général Buchwalter "a appris les faits quelques jours après les obsèques" des moines et "a écrit des rapports au chef d'état-major des armées français et à l'ambassadeur qui sont restés sans suite", a-t-on précisé de même source.
Les sept religieux français avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé de Notre Dame de l'Atlas, au sud d'Alger, ceinturé de maquis contrô lés par les groupes armés islamistes et où les tueries étaient fréquentes.
Le Groupe Islamique Armé (GIA), alors dirigé par Djamel Zitouni, revendiquait le 26 avril 1996 l'enlèvement et proposait d'échanger les moines contre ses militants détenus. "Si vous libérez nous libèrerons, si vous refusez nous égorgerons", menaçait-il.
Le 23 mai, le GIA annonçait avoir décapité les captifs - assassinés le 21 mai - en accusant le gouvernement français d'avoir "trahi" les négociations. Le 26 juillet, il annonçait la mort de son chef, dans un accrochage avec une faction rivale.
Le parquet de Paris a ouvert le 10 février 2004 une information judiciaire contre X après une plainte déposée par la famille d'un des religieux et par Armand Vielleux, l'ancien procureur de l'Ordre des Cisterciens auquel ils appartenaient.
Pour l'avocat des parties civiles, Me Patrick Baudouin, le témoignage de l'ancien général français est une "preuve qu'il y a eu dissimulation" de la part d'Alger et de Paris.
Me Baudouin estime que ce témoignage est "crédible" et "constitue une avancée très significative dans ce dossier". "C'est la confirmation de ce que nous disons depuis l'origine, que c'est l'omerta qui a prévalu au nom de la raison d'Etat", a-t-il estimé.
L'avocat a indiqué à l'AFP qu'il s'apprêtait à demander la levée du secret-défense "pour obtenir les rapports envoyés (par François Buchwalter) au chef d'état-major des armées et à l'ambassadeur".
Il compte également demander les auditions d'Hervé de Charette, à l'époque ministre des Affaires étrangères, celle d'agents des services de renseignement français ainsi qu'une nouvelle audition de Michel Lévêque, ambassadeur à Alger au moment des faits.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
:: Fil rss des commentaires de ce billet ::
Ajouter un commentaire